Être moins qu’un chien c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles. C’est, heurté aux refus et vexations, à la dépossession, comprendre très vite que, si l’on n’accepte pas de se plier aux codes esthétiques dominants, si l’on est porteur d’un monde aussi neuf et intransigeant que l’œuvre mingusien, l’on ne pourra jamais vivre correctement de sa (…)
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Traduction
Articles
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Moins qu’un chien
19 février, par Varoujan -
Onction
5 mars 2020, par VaroujanPhiladelphie, un dimanche d’hiver, froid et humide. Le prêtre de l’église Saint-Serge se prépare pour la messe. Les fidèles arrivent petit à petit et garent leurs berlines américaines rutilantes sur le parking. Trois jeunes gens sont là, prêts pour une « opération ». « C’est une église ordinaire, très banale, construite dans le mensonge et l’ennui. C’est clair, tous les dimanches, les mêmes gens se réunissent, s’assoient à la même place, puis la douleur d’un péché, le sentiment d’avoir trahi (…)
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Sur les rives du Tigre
17 mars 2022, par VaroujanÀ l’ombre des antiques murailles de basalte de Diyarbakır-Tigranakert, la cité du roi arménien Tigrane Le Grand, un quartier aux rues étroites, les portes aux heurtoirs ciselés ouvrent sur des maisons aux toits-terrasses, où l’on dormait à la belle étoile tout l’été, derrière les toiles blanches tendues. Margossian, « Maître Margos » pour les Kurdes, est la voix de son pays natal. Il raconte la vie de ces quelques familles de rescapés arméniens, réfugiés après 1915 dans ce « quartier des (…)
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Celui qui n’écrivait pas
17 octobre 2024, par VaroujanSiza est à part. Indépendant, discret, il compte dans le monde de l’architecture parmi les plus grands et s’y est fait un nom à force de conviction profonde. Il parle à voix basse et porte sur les choses un regard pénétrant.
De l’objet à la ville, son œuvre, saluée partout et largement commentée, atteint une sorte de grâce qui échappe aux théories. Et, à défaut d’explications savantes, c’est par petites touches qu’on peut esquisser les contours du personnage, témoin de son époque et lucide (…) -
Le chant du pain
1er mars 1990En 1915, les premières victimes du génocide furent les intellectuels arméniens, dont plusieurs poètes. Parmi eux, Daniel Varoujan ; il avait trente et un ans mais sa gloire n’est pas posthume : d’emblée il s’affirmait comme le meilleur représentant de la jeune poésie de l’Arménie combattante. Le Chant du Pain est sa dernière œuvre, inachevée. Alors qu’il y travaille, Varoujan ne se doute pas que son nom figure sur une liste noire. Dans la nuit du 24 avril 1915, on vient le chercher…
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La table blanche
et autres textes
1er septembre 2012L’ensemble des textes et interventions publiques d’Alvar Aalto constitue une rareté dans la mesure où l’architecte s’est toujours déclaré plus enclin à construire qu’à écrire. La large sélection de textes traduits dans ce recueil, la plupart inédit en français, révèlent les thèmes qui ont parcouru sa carrière : humaniser l’architecture en respectant le destinataire de l’édifice, prendre toujours en compte le paysage naturel ou urbain, rechercher la standardisation en évitant (…)
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Vers une architecture extrême
14 septembre 2016« Finalement, l’architecture est une profession dangereuse parce qu’elle constitue un mélange empoisonné d’impuissance et d’omnipotence, au sens où l’architecte s’abreuve presque toujours de rêves et de fantaisies mégalomaniaques qui dépendent à la fois d’autres intervenants et des circonstances, pour les imposer et les réaliser. »
Convertir l’optimisme en danger et laisser celui‑ci s’exprimer procède d’une forme de créativité dont on peut dire qu’elle a toujours figuré au cœur du (…) -
Au Royaume de la ponctuation
19 août 2021, par VaroujanPublié pour la première fois en 1905, Au royaume de la Ponctuation est un poème plein d’humour de l’Allemand Christian Morgenstern, sur la cadence de la langue — et ses silences.
Les signes de ponctuation marquent les pauses, les césures, les à‑côtés et les arrêts. Mais ils expriment aussi l’intonation, l’intention et l’émotion... ce dont le poète se sert avec brio pour faire d’eux des personnages doués de volonté, qu’il met en scène dans un drame à l’issue inéluctable. Car à ce jeu (…) -
Césarée
14 septembre 2024, par VaroujanDe retour à Istanbul, après un séjour à Marseille et en Égypte, Vahan Tékéyan est nommé en 1913 directeur d’un établissement d’enseignement en Anatolie. Il prend le train pour se rendre à Césarée (Kayseri), ville d’origine de ses parents, dont les récits ont bercé son enfance. Tout au long du trajet et du séjour, il prend des notes et remplit ses carnets.
Sept années plus tard, ces pages paraîtront en feuilleton dans un quotidien arménien avec la mention explicite « en souvenir », pour ne (…) -
Un brin de cœur tendre
17 avril, par VaroujanDans un tramway aux portes de Paris, deux exilés arméniens se rencontrent par hasard. Épraksé, femme massive et volubile, transporte avec elle un lourd paquet et tout un monde de souvenirs venus d’Istanbul. En face d’elle, Noraïr, jeune homme taciturne, semble vouloir échapper à toute attache. Entre ces deux inconnus s’engage une conversation faite de questions pressantes, de silences et de malentendus.
Au fil du trajet affleurent les traces d’un passé brisé : un morceau de journal imprimé (…)