« Papa et maman étaient mômes à leur mariage‑ : lui dix-huit ans, elle seize‑ ; moi, j’en avais trois. Maman travaillait comme bonne chez des Blancs. Quand ils se sont aperçus qu’elle était enceinte, ils l’ont foutue à la porte. Les parents de papa, eux, ont failli avoir une attaque en l’apprenant. C’étaient des gens comme il faut qui n’avaient jamais entendu parler de choses pareilles dans leur quartier à Baltimore. Mais les deux mômes étaient pauvres, et quand on est pauvre, on pousse (…)
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Traduction
Articles
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Lady Sings the Blues
1er janvier 2002 -
Straight Life
1er août 1982Autobiographie du saxophoniste alto Art Pepper, figure de légende de la West Coast et du jazz en son entier, Straight life, parlant d’une existence de la façon la plus intime et sincère qui soit, témoigne aussi d’une génération entière : celle des Américains nés entre 1920 et 1925, happés par la Seconde Guerre mondiale, heurtés par le cauchemar de l’Histoire, dont ils n’ont pu s’éveiller. Straight life raconte l’intrication de fantasmes et désillusions et la difficulté à vivre d’hommes (…)
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Moins qu’un chien
19 février, par VaroujanÊtre moins qu’un chien c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles. C’est, heurté aux refus et vexations, à la dépossession, comprendre très vite que, si l’on n’accepte pas de se plier aux codes esthétiques dominants, si l’on est porteur d’un monde aussi neuf et intransigeant que l’œuvre mingusien, l’on ne pourra jamais vivre correctement de sa (…)
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Fonctions sociales du blues
1er janvier 1999La fréquentation de la musique de blues passe le plus souvent par plusieurs niveaux de perception. Dans une apparence première, due sans doute à une assimilation trop rapide du blues aux negro spirituals et aux chants des esclaves, on s’attend à y trouver des exemples plus ou moins évidents de contestation, voire des incitations à la révolte. Au-delà de cette connaissance superficielle, le Noir que l’on rencontre dans le blues semble se résigner et prendre presque goût à son sort et le genre (…)
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Celui qui n’écrivait pas
17 octobre 2024, par VaroujanSiza est à part. Indépendant, discret, il compte dans le monde de l’architecture parmi les plus grands et s’y est fait un nom à force de conviction profonde. Il parle à voix basse et porte sur les choses un regard pénétrant.
De l’objet à la ville, son œuvre, saluée partout et largement commentée, atteint une sorte de grâce qui échappe aux théories. Et, à défaut d’explications savantes, c’est par petites touches qu’on peut esquisser les contours du personnage, témoin de son époque et lucide (…) -
Le Chant du pain
21 mai, par VaroujanDernier recueil de Daniel Varoujan, inachevé, Le Chant du pain nous parvient comme une œuvre sauvée — arrachée à la disparition après le génocide de 1915 qui emporta le poète à trente et un ans. Dans ces pages d’une intensité rare, Varoujan fait entendre une voix singulière, à contre-courant des esthétiques de son temps. Sa poésie puise dans les mythes anciens, les forces de la terre et la mémoire des peuples. Le poème devient chant collectif, ample et charnel. Célébration de la vie, de la (…)
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Onction
5 mars 2020, par VaroujanPhiladelphie, un dimanche d’hiver, froid et humide. Le prêtre de l’église Saint-Serge se prépare pour la messe. Les fidèles arrivent petit à petit et garent leurs berlines américaines rutilantes sur le parking. Trois jeunes gens sont là, prêts pour une « opération ». « C’est une église ordinaire, très banale, construite dans le mensonge et l’ennui. C’est clair, tous les dimanches, les mêmes gens se réunissent, s’assoient à la même place, puis la douleur d’un péché, le sentiment d’avoir trahi (…)
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L’architecture au regard de la psychanalyse
20 mars, par VaroujanDe la chambre à coucher à la ville, les espaces que nous habitons façonnent notre vie psychique autant qu’ils expriment notre rapport au monde. La maison, le cabinet de l’analyste ou les lieux de soin deviennent des scènes symboliques où se jouent nos transformations intérieures.
Dans cet ouvrage, Cosimo Schinaia explore les liens profonds entre architecture et psychanalyse, réunies par une même dynamique de créativité. En s’appuyant sur Freud, la phénoménologie, la Gestalt et les (…) -
Première leçon d’urbanisme
1er janvier 2006Cet ouvrage n’est pas un traité d’urbanisme : il s’inscrit dans une tradition qui, en langue française, s’est ouverte avec les Introduction à l’urbanisme d’un Marcel Poëte ou d’un Pierre Lavedan.
Le renouvellement de la réflexion est évident. Cette initiation à l’urbanisme s’inspire non seulement des disciplines classiques mais de celles qui se sont épanouies dans les dernières décennies : sciences du langage et des signes, archéologie du savoir, anthropologie et même musicologie. (…) -
Terres de lumière
22 septembre 2022, par Varoujan« Plus âgé que moi, la cinquantaine passée, bien bâti, heureux de vivre, mon ami était un homme fier et vigoureux. Il était vêtu d’une culotte courte de soldat anglais, bras et jambes nus. Il portait une casquette blanche sur la tête, un sac de provisions sur le dos, une canne à la main, un appareil photo à l’épaule. »
L’auteur dépeint ainsi Tigrane Jiraïrian, le personnage central de la nouvelle « Douleurs de lumière » avec lequel il échange, s’affronte, autour de la seule véritable (…)