Le capitaine de l’armée ottomane Azil Kemal est marié à Enza, une Arménienne. En 1915, il reçoit l’ordre de procéder à l’extermination des Arméniens des villages de la région d’Erzeroum. Il va rédiger alors un journal qui relate ces semaines de tourments entre trahison des siens et mission militaire. Le récit s’articule autour de la traduction de ce carnet retrouvé dans les archives familiales du narrateur qui replace les interrogations d’un des acteurs du crime collectif dans un contexte (…)
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Littérature
Articles
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Moi, Azil Kémal, j’ai tué des Arméniens
1er avril 2013 -
Le proche et le lointain
1er mars 2012La période postcoloniale a été marquée par des critiques de l’orientalisme et de l’anthropologie. Un genre est né. Il a pour objet la déconstruction de ces savoirs et le dévoilement de leurs présupposés idéologiques. L’observateur, le plus souvent anthropologue occidental, est observé par des auteurs appartenant aux sociétés qui ont été l’objet dominant de l’anthropologie. L’arroseur est arrosé. Dans ce travail, Hassan Rachik, s’inspirant des acquis de la sociologie de la connaissance, (…)
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Lectures du roman de Baybars
1er octobre 2003« Le Roman de Baybars fait partie de cet univers qu’on nomme « littérature populaire », produite dans le monde arabe du second Moyen Âge, pendant une période qui va du xiie au xve siècle, du temps des croisades à celui de l’expansion méditerranéenne de l’Empire ottoman. Cette geste ou sira aux nombreuses variantes est centrée sur les aventures du sultan mamelouk Baybars qui, au xiiie siècle, reprend la lutte, abandonnée après la mort de Saladin, contre les princes croisés.L’intérêt de ce (…)
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Le monastère, journal d’un religieux
1er mars 1988Dernière œuvre de Dikran Tcheugurian, jeune écrivain victime parmi d’autres du génocide de 1915, ce journal d’un religieux illustre le drame d’une sensibilité déchirée entre les impulsions d’une nature délicate, ardente et généreuse, et la condition de clerc célibataire. Un monastère, des moines, des orphelins sur fond d’événements dramatiques, Chouchane, présence féminine insolite — autant d’images d’une culture en survie dans un style résolument incisif participant d’un renouveau de la (…)
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Le Petit Arménien
20 octobre 2023, par VaroujanPourquoi Alexandre, qui a douze ans, est-il renvoyé du collège, où il se sent pourtant si bien et où il compte de nombreux amis ? Parce qu’il est chahuteur, parce qu’il est un cancre ou parce qu’il est un étranger, un petit Arménien, dont la famille s’était installée à Anvers dans les années trente ? Lui, il n’a rien vu venir. Il aime le sport, le football notamment. Il aime les mots rares et curieux ainsi que les noms de gens illustres, dont il entend parler autour de lui comme Ludwig van (…)
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Paris, librairie arabe
1er mai 2006À partir des années 1980, Paris abrite un nombre croissant d’intellectuels arabes du Moyen-Orient. Réfugiés, opposants politiques, journalistes, écrivains et artistes exilés développent des activités qui font de Paris une ville relais, une « capitale arabe » de la culture. Pourtant, tout au long de la seconde moitié du xxe siècle, la montée en puissance de la référence anglo-saxonne a mis à mal la centralité parisienne, longtemps hégémonique au plan des arts et des lettres. Alors pourquoi (…)
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Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt
1er mars 2010Django Reinhardt est mort à 43 ans le 16 mai 1953, frappé d’une congestion cérébrale ; en 2010 a été célébré son centenaire. Dans ces quatre « vies posthumes », trois fictions et une chronique, Patrick Williams imagine que Django survit à cette attaque. À travers le regard, la sensibilité même, des quatre narrateurs — le jeune journaliste de jazz, le critique littéraire, le romancier et l’ethnologue — nous voyons Django sortir de son coma pour embrasser des destins inattendus et pourtant (…)
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Le livre de l’ornement et de la guerre
1er août 2003Une méthode qui chercherait à se tenir au plus près de son objet, et qui donc procéderait par nœuds, construisant de proche en proche un entrelacs, un pattern, une broderie. D’où par effet méthodologique le fait que ce livre ne commence pas et ne finit pas non plus — n’en finit pas : de faire des nœuds et dessiner des arabesques. Est-ce avec la violence, le don, le sacrifice, la beauté ou la sexualité que l’ornement s’enroule pour former un premier lien, une première attache ? Réponse (…)
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Le miniaturiste
1er février 2006« J’ai apprivoisé les couleurs et réveillé les sensations tactiles inscrites dans la mémoire d’un fils de tailleur ; rêvé sur les bruits d’une langue maternelle perdue, l’arménien, et sur un environnement parental plus ou moins exclusif, plus ou moins encombré. J’ai découvert ainsi Constantinople et le Caucase sans y avoir mis les pieds. Ensuite j’ai interrogé l’amour d’un adolescent pour son père alité, un étrange et doux témoin de la mort hospitalière, dans les années soixante, à Paris. (…)
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Le bois de Vincennes
1er juin 1993« Le Bois de Vincennes s’étend de la Marne au Don et même plus bas, couvrant aussi une grande partie de la mer Noire. Il atteint parfois le ciel. Il passe par-delà mes nostalgies et mes souvenirs. Il plane au‑dessus d’une patrie utopique et inconnue. » Méditation d’un poète en exil sur son destin singulier et sur le destin de son peuple, réflexion sur l’Occident, tentative d’intégrer l’exil dans un langage, Le Bois de Vincennes est tout cela à la fois, mais il est d’abord l’un des plus (…)