À paraître

Ovannès Bodossakis

Papkèn

 

Collection : Diasporales

ISBN 978-2-86364-408-9

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« Et maintenant, dit Papkèn, nous sommes ici ensemble. Peux-tu me dire pourquoi tu as choisi ce lieu en Haute-Provence aride, cette ruine perdue sur une colline déserte ? »
Il ne s’agit pas ici d’une biographie du père de Ovannès Bodossakis, mais bien d’un récit nourri d’une trentaine d’années d’échanges complices entre un fils et son père dans le cadre d’une bâtisse de Provence. La chronologie s’efface au gré des souvenirs que suscitent un lieu, un parfum, une sensation ; le père va raconter son départ précipité de l’Anatolie où il est né en 1914, son parcours de Mytilène en Grèce à Venise, où il poursuit ses études, et à Paris enfin, Montparnasse où il s’abandonne à la peinture et partage l’effervescence artistique de la fin des années trente.
Il évoque les grands-parents originaires d’Anatolie :
« Cela se passait il y a longtemps. Nos ancêtres il y a deux cent soixante ans vivaient au bord de la mer. L’aïeul était charpentier de marine et réparait les bateaux, et en construisait aussi. Il était installé tout au fond d’un golfe de la mer de Marmara, dans un petit port, Bach Iskelé en face de Smyrne. »
Après la guerre, et le temps du STO en Allemagne, il retrouve son univers artistique parisien et réalise de nombreuses œuvres — gravures, dessins, couvertures — pour plusieurs périodiques arméniens.
L’installation en Provence lui permet de renouer avec des paysages proches de ceux de son enfance, un ancrage qui est une forme de retour aux sources, à l’aridité et à la lumière grecques, pays où il aime retourner souvent. Mais son chemin d’exil ne demeure pas celui de la souffrance : la peinture, la gravure, la céramique sont autant de sources de dépassement.