Sciences humaines

Marie-Claude Bénard

La sortie au cinéma

Palaces et ciné-jardins d’Égypte, 1930-1980

Préface de Jean-Charles Depaule  

Collection : Parcours méditerranéen
16,5 × 23 cm, 224 p., nombreuses illustrations, affiches, photographies, documents, 2016.
ISBN 978-2-86364-159-0
Prix : 24 €

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  • Un extrait 

Une histoire originale de l’Égypte, un regard inédit et lumineux sur la société par ceux qui ont fait les beaux jours du cinéma au XXe siècle, voilà l’ambition de l’ouvrage qui s’articule autour des souvenirs d’une trentaine de personnalités majeures — réalisateurs (dont Youssef Chahine), acteurs (dont Omar Sharif), scénaristes, producteurs, distributeurs, propriétaires de salles, critiques. Les entretiens, menés par l’auteur depuis les années quatre-vingt, retracent l’évolution du cinéma en Égypte depuis ses origines. Cinéma en Égypte, puis cinéma égyptien, car les films projetés dans les salles sont d’abord importés — américains et européens — puis réalisés dans les studios sur place. Les témoignages restituent toute une palette d’ambiances et d’émotions car généralement, aussi bien au Caire qu’à Alexandrie, aller au cinéma s’apparentait à un espace de liberté où les protagonistes pouvaient se dérober aux contrôles familiaux et scolaires particulièrement stricts, notamment pendant l’enfance et l’adolescence. Et cette fréquentation des salles, comme son éventuel étiolement, était indissociable de leur pratique de la ville : c’est l’autre originalité majeure de cet ouvrage qui révèle des topographies où se dessinent des territoires sociaux, sexués, culturels, voire nationaux à une époque où des communautés étrangères importantes étaient présentes.

«  Aller au cinéma, le soir, était une vraie sortie. On s’habillait, on téléphonait pour réserver les places qui étaient numérotées, on se retrouvait à l’entracte. Les bonnes salles offraient aux spectateurs la climatisation, ce que peu de gens avaient dans les maisons. Au restaurant du cinéma Saint-James, on mangeait de l’escalope panée, accompagnée de pâtes. Au Rivoli, l’orgue apparaissait à l’entracte. J’ai quitté l’Égypte en 1960 ou 1961, après Lawrence d’Arabie. Après l’Égypte, je ne suis plus retourné au cinéma.  »
Omar Sharif, 1991.