Photographies

Alain Nahum, Jean Klépal

Émergences

Regards sur la ville

Émergences

 

Collection : Photographies
24 × 22,5 cm, 120 p., 106 photographies, 2015.
ISBN 978-2-86364-302-0
Prix : 28 €

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C’est un petit film réalisé avec un téléphone mobile qui est à l’origine de ces « émergences » urbaines : un petit mouchoir en papier froissé qui se débat sur une grille d’aération. Ce court film agira comme un déclic. Le cinéaste devient photographe et flâneur urbain en arpentant la ville et décline ses « regards » en cinq séries thématiques : Papiers froissés, Passages, Messages, Transparences, Ombres.
La série « Papiers froissés » joue comme une chorégraphie de ces fantômes de la nuit que deviennent ces Kleenex et ces débris de chiffons ménagers abandonnés au trottoir, retrouvant une nouvelle vie par la magie des formes suggérées. « Ce qui m’a touché, c’est l’intimité contenue dans des choses aussi ordinaires, ces petites ou grandes charges que les gens laissent derrière eux et ce qu’elles racontent. »
Les images de la série « Passages » sont une mise en lumière des usages et des usures laissés par les piétons et les voitures sur les bandes blanches posées sur l’asphalte. Apparaissent alors de surprenantes compositions comme autant de supports de dessins archaïques.
Dans la ville contemporaine, le « Défense d’afficher » a été dépassé par ces milliers de messages apposés sur les descentes d’eau des immeubles, qui par collages, recouvrements et arrachements successifs finissent par dire une véritable histoire sociale des différentes pratiques citadines : autant de traces de « messages » éphémères fixées par le photographe.
Utilisé depuis la Renaissance pour l’entretien d’objets délicats, le blanc d’Espagne, solution de plâtre et d’eau, est encore couramment utilisé pour occulter vitres et vitrines au cours d’un chantier de rénovation. Les vitrines s’ornent alors de taches ou d’empreintes en de véritables compositions abstraites qui constituent la série « Transparences ».
La série « Ombres » est réalisée après l’orage, lorsque l’eau devient miroir et reflète la ville et les passants dans une inversion du regard : marcher sur son image ou être porté par elle ?
« Mon travail n’est ni de la photographie ni de la peinture, c’est une narration, des questions permanentes… »
L’approche photographique de Alain Nahum opère comme une archéologie de l’éphémère, révélant ce qui, dans le quotidien des villes, échappe à notre regard.
Le texte de Jean Klépal rappelle la genèse du projet artistique et éclaire les différentes thématiques développées dans les séries.